Le signe hexadique:

On peut considérer le signe triadique comme l’état achevé d’un processus (sémiosis), mais au préalable dynamisé par l’objet dynamique et l’interprétant dynamique. Le signe est en fait un ensemble de relations avec ses signes constitutifs :

" Nous avons à distinguer l’objet immédiat, qui est l’objet comme le signe lui-même le représente, et dont l’être par suite dépend de sa représentation dans le signe, de l’objet dynamique qui est la réalité qui par un moyen ou un autre parvient à déterminer le signe à sa représentation . Eu égard à l’interprétant, nous avons également à distinguer, en premier lieu, l’interprétant immédiat qui est l’interprétant tel qu’il est révélé dans la compréhension correcte du signe lui-même, et est ordinairement appelé la signification du signe ; alors qu’en second lieu nous avons à noter l’interprétant dynamique qui est l’effet réel que le signe, en tant que signe, détermine réellement. Enfin il y a ce que j’appelle provisoirement l’interprétant final qui renvoie à la manière dont le signe tend à se représenter lui-même comme étant en relation avec l’objet. ". (4.536).

Cependant ce processus n’est pas vraiment séquentiel mais plutôt un ensemble d’opérations concomitantes.

Nous suivrons cette logique donnée par Peirce, sachant que ces phénomènes ont une durée très courte. L’oscilloscope, en électronique, permet de visualiser des phénomènes de l’ordre de la milli-seconde. Il est comparable, en quelque sorte à une loupe temporelle, la phanéroscopie relève du même type d’observation sauf qu’il ne s’agit pas d’une séquence, mais d’une activation d’une arborescence à trois dimensions ou de séquences d’arborescences, à structure triadique.

Les écrits :" Par rapport aux relations qu’ils entretiennent avec leurs objets dynamiques, je divise les signes en Icônes, Indice, et symboles… " (8.335) et " Eu égard à son objet immédiat un signe peut être le signe d’une qualité, d’un existant ou d’une loi. " (8.336) nous permettent de construire le tableau du signe en relation avec les objets dynamiques et immédiats. Il est construit pour le moment en accord avec les textes cités, mais peut être modifié en fonction de textes plus explicites.

 

Les interprétants et la sémiosis :

Essayons de comprendre la notion d’interprétant, pivot de la théorie peircienne, en réalisant d’abord une taxonomie de l’emploi du terme en s’infiltrant dans le système par le texte de Peirce : " un signe sert d’intermédiaire entre le signe interprétant et son objet . Si l’on prend le signe dans son sens le plus large, son interprétant n’est pas nécessairement un signe " (8.332),

A la lecture de l’Algèbre des Signes [MAR 90], trois séries d’interprétants émergent, ainsi que des interprétants inclassables.

Immédiat-dynamique-final :

Pour nous cette série représente l’action de la présence à l’esprit d’un signe. Quelques précisions sur les liaisons de l’interprétant :

" … Eu égard à l’interprétant, nous avons également à distinguer en premier lieu, l’interprétant immédiat qui est l’interprétant tel qu’il est révélé dans la compréhension correcte du signe lui-même, et est ordinairement appelé la signification du signe ; alors qu’en second lieu nous avons à noter l’interprétant dynamique qui est l’effet réel que le signe, en tant que signe, détermine réellement. Enfin … l’interprétant final qui renvoi à la manière dont le signe tend à se représenter lui-même comme étant en relation avec son objet… ". (4.536).

Les noms des classes sont donnés en (8.337) à (8.339).

" Par rapport à la relation qu’il entretient avec son interprétant signifié (final) un signe est un rhème, un dicisigne ou un argument… ". (8.337) et " … un signe peur faire appel à son interprétant dynamique de trois façons :

  1. Un argument ne peut être soumis à son interprétant que comme quelque chose dont le caractère raisonnable sera reconnu.
  2. Un argument ou un dicisigne peut être imposé à l’interprétant.
  3. Un argument ou un dicisigne peut être et un rhème peut être présenté à la contemplation de l’interprétant.

Enfin dans sa relation avec son interprétant immédiat, je diviserais les signes en trois classes comme suit :

  1. Ceux qui sont interprétables dans des pensées ou autres signes du même genre en séries infinies.
  2. Ceux qui sont interprétables dans des expériences réelles.
  3. Ceux qui sont interprétables dans des qualités de sentiment ou apparences. "

 

Destiné-effectif-explicite :

Cette série est  provisoirement  considérée isomorphe à la série immédiat-dynamique-final.

Affectif-énergétique-logique :

L’interprétant logique appartient à la série d’interprétants affectif, énergétique et logique, associée aux trois niveaux : primeité, secondeité et tierceité. Citons Peirce : "… Les interprétants appartiennent à trois classes générales comprenant quelques subdivisions importantes. Le premier effet signifié propre d’un signe est un sentiment que le signe produit. Il y a presque toujours un sentiment que nous finissons par interpréter comme étant la preuve que nous comprenons l’effet propre du signe, bien que le fondement de vérité en soit fréquemment très peu solide. Cet " interprétant affectif ", comme je l’appelle, peut être plus que ce sentiment de reconnaissance ; et, dans certains cas, il est le seul effet signifié propre que le signe produit. Ainsi l’exécution d’un morceau de musique de concert est un signe. Elle communique, et ce intentionnellement, les idées musicales du compositeur ; mais celles-ci d’ordinaire consistent simplement en une série de sentiments. Si un signe produit un autre effet signifié propre, il le produira par le moyen de l’interprétant affectif, et ce nouvel effet impliquera toujours un effort. Je l’appelle l’Interprétant énergétique. Cet effort peut être musculaire… Mais il s’exerce beaucoup plus fréquemment sur le monde intérieur, il est un effort mental. Il ne peut jamais être la signification d’un concept intellectuel, puisqu’il est un acte singulier, alors que le concept a une nature générale. Mais quel autre genre d’effet peut-il y avoir encore ?

(5.476) Avant de nous demander quelle est la nature de cet autre effet, peut-être conviendrait-il de lui donner un nom. Je l’appellerai l’interprétant logique… ".

Il est possible de visualiser ces propos en complétant le tableau :

 

5.2.4.2.b2.gif (9894 octets)

 

Visualisons le treillis hexadique du signe : domaines déterminés par l’interprétant final, après les déterminations de l’interprétant dynamique et de l’interprétant immédiat. Dans l’ordre des classes: S, Oi, Od, Ii, Id, If.

 

7.2.1.c2.gif (20368 octets)

ARNAUD Gilles 1998-2001


ZONE SPECULATIVE                       

Ci-dessous la représentation de la détermination phénoménologique des classes de signes:

dans l'ordre : O.dynamique, O.immédiat, Signe, I.immédiat, I.dynamique, I.final ;
ou                    : O. dynamoïde, O.immédiat, Signe, I.destiné, I.effectif, I.explicite.
Dans le cadre de cette recherche, la première hexade est dite "d'information" la deuxième, d'un type supérieur, est dite "de communication". (voir page "les deux signes")

Pour une lecture différente, nous avons placé le signe au cantre du rectangle. Nous obtenons à gauche la détermination de l'objet et à droite la détermination de l'interprétant.

 

thexa.gif (5559 octets)

 

Les classes des signes sont respectivement associées aux trois mondes :
celui de l'interprète, celui des signes, celui extérieur à l'interprète. Aux deux mondes signalés en 5.474 est ajouté celui des signes, médium des deux autres.

fond.gif (9136 octets)

Corrélation avec 8.344 :

fondb.gif (10761 octets)

 

"8.344. The ten respects according to which the chief divisions of signs are determined are as follows:

1st, According to the Mode of Apprehension of the Sign itself,
2nd, According to the Mode of Presentation of the Immediate Object,
3rd, According to the Mode of Being of the Dynamical Object,
4th, According to the Relation of the Sign to its Dynamical Object,
5th, According to the Mode of Presentation of the Immediate Interpretant,
6th, According to the Mode of Being of the Dynamical Interpretant,
7th, According to the Relation of the Sign to the Dynamical Interpretant,
8th, According to the Nature of the Normal Interpretant,
9th, According to the Relation of the Sign to the Normal Interpretant,
10th, According to the Triadic Relation of the Sign to its Dynamical Object and to its Normal Interpretant."

Ce texte nécessite une adaptation : lire interprétant final pour normal

ARNAUD Gilles 2000

 

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